La perte de sens chez les agents du service public

La perte de sens chez les agents du service public

Enquête du collectif Nos Services Publics.

Du 30 avril au 31 août 2021, le collectif Nos services publics a mené une grande enquête sur internet auprès des agents des services publics. Il s’agissait d’identifier leur niveau de sens au travail ainsi que les éventuels facteurs de perte de sens. Plus de 4 500 réponses ont été recueillies, provenant de personnes de tous âges, tous statuts et tous secteurs d’activité.

  • Rejoindre le service public pour donner du sens à son travail :

Le service de l’intérêt général est le motif le plus fréquemment souligné par les répondants pour rejoindre le service public (68 % des sondés ont souligné ce motif, soit 3101 répondants). L’attrait pour un métier particulier arrive en deuxième motif d’intérêt le plus fréquemment cité (50 %, soit 2274 répondants). Selon les catégories d’agents, d’autres facteurs d’attractivité peuvent venir s’ajouter à ces motivations principales : Parmi les personnels de catégorie C répondants, la stabilité de l’emploi apparaît comme le premier facteur d’attractivité du service public (57 % des répondants), juste devant le service de l’intérêt général (48 %) et l’équilibre vie privée-vie professionnelle (36 %, qui est le troisième motif le plus fréquemment cité). A l’inverse, la rémunération n’est un facteur d’attractivité du service public pour aucune des catégories d’agents répondant. Seuls 3 % d’entre eux la citent comme une raison d’y venir travailler.

  • Lorsque le sens disparait :

Alors que la grande majorité des répondants déclare avoir rejoint le service public pour servir l’intérêt général (68 % des sondés), la quasi-totalité (97 %) des répondants s’est déjà dit au moins une fois dans un cadre professionnel : “c’est absurde… ou si cela a un sens ce n’est pas celui pour lequel je me suis engagé”. 80 % des répondants déclarent même être confrontés “régulièrement” ou “très fréquemment” à ce sentiment d’absurdité dans l’exercice de leur travail. La fréquence de ce sentiment croît légèrement avec l’âge des enquêtés : les enquêtés de moins de 30 ans sont 23 % à déclarer être confrontés très fréquemment à ce sentiment, contre 31% entre 30 et 39 ans, 33% entre 40 et 49 ans et 35 % entre 50 et 59 ans.

Ce sentiment d’absurdité est présent dans tous les secteurs et pour tous les statuts de répondants, et plus encore chez les agents de catégorie A (parmi les répondants, 34% rencontrent ce sentiment d’absurdité « très fréquemment » chez les agents de catégorie A, 31 % chez les agents de catégorie B, 27 % chez les agents de catégorie C et 21 % chez les contractuels)

  • A quoi cette perte de sens est-elle liée ?

Cinq principales catégories de motifs liées à la perte de sens ont été identifiées à travers l’ensemble des témoignages des enquêtés :

  • le manque de moyens pour exercer ses missions
  • un défaut de vision de la part de la direction
  • le sentiment de servir autre chose que l’intérêt général (des intérêts individuels)
  • le poids de la structure
  • le manque de reconnaissance.

Fréquemment, ces cinq facteurs de perte de sens s’additionnent ou se croisent. Cependant, malgré les problèmes rencontrés et un sentiment d’absurdité régulier voire très fréquent, le service de l’intérêt général et l’intérêt pour la mission restent les premiers motifs évoqués par les agents publics interrogés pour rester au sein du service public.

Cet article a été écrit à partir de l’analyse des données réalisée par le collectif Nos services Publics. L’enquête est à retrouver ici!