Cinq ans après le début de la pandémie, où en sont celles et ceux dont le métier est d’accompagner les carrières ?
Ce nouvel article, publié sur la plateforme OrientAction du CERIC, fait le point sur les transformations du domaine du développement de carrière, cinq ans après le début de la pandémie. Il prolonge un projet de recherche mené de 2021 à 2023 sur les effets de la pandémie sur le sens accordé au travail, en le mettant en perspective avec la grande enquête quinquennale du CERIC publiée début 2025. L’angle est double : les personnes professionnelles du développement de carrière (PPDC) ont vécu ces bouleversements deux fois, en accompagnant les travailleurs et travailleuses, et en tant que personnes travailleuses elles-mêmes.
L’article s’organise autour de trois constats.
D’abord, l’essor durable du modèle hybride. Le télétravail, imposé pendant la crise, s’est maintenu sous une forme plus équilibrée. En 2024, un tiers des PPDC interrogées combinent services à distance et présentiel, et seules 3 % travaillent entièrement en virtuel. Cette évolution concilie flexibilité et besoin d’interaction, mais elle pose la question du maintien du soutien entre pairs, essentiel à la qualité de l’accompagnement.
Ensuite, une clientèle en quête de sens et d’équilibre. La remise en question amorcée pendant les confinements se confirme : 83 % des personnes interrogées en 2024 accordent une plus grande importance au sens de leur carrière, et près de 94 % expriment un besoin renforcé de concilier vie professionnelle et personnelle. La flexibilité est jugée essentielle par 86 % d’entre elles, mais la sécurité de l’emploi reste la première préoccupation pour 90 %, signe des incertitudes économiques persistantes.
Enfin, une santé mentale toujours fragilisée. Dès 2022, les PPDC signalaient une charge de travail et une charge émotionnelle accrues. En 2024, la situation reste préoccupante : près de 38 % estiment que leur santé mentale demeure fragile, et 33 % qu’elle s’est détériorée. Le retour partiel en présentiel a rétabli certaines interactions, mais les moments d’échange et de soutien entre collègues restent plus rares qu’avant la pandémie.
L’article conclut que l’avenir de la profession repose sur un meilleur soutien organisationnel et collectif. Dans un marché du travail incertain, l’adaptabilité et la capacité des PPDC à se soutenir mutuellement resteront des atouts déterminants pour accompagner durablement les transitions professionnelles.