Et si au-delà des inégalités qu’il faut continuer de corriger, certaines différences entre les femmes et les hommes restaient tout simplement passées sous silence ?
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le nouveau numéro de la newsletter Les sens du travail aborde une question rarement posée dans les organisations.
Cycles menstruels, ménopause, endométriose : autant de réalités physiologiques qui traversent les trajectoires professionnelles, mais demeurent largement invisibles dans un monde du travail encore pensé à partir d’un modèle implicite, celui d’un corps masculin supposé stable et linéaire. Ce numéro montre comment ce silence a un coût (pour les personnes concernées comme pour les organisations) et pourquoi reconnaître ces différences n’est pas renoncer à l’égalité, mais une condition pour que chacune puisse travailler en restant pleinement elle-même.
Pour éclairer ces enjeux, je m’appuie sur les travaux de la généticienne et ergonome Karen Messing, professeure émérite à l’UQAM et autrice du Deuxième corps, et j’ai échangé avec Clotilde Coron, professeure en sciences de gestion et vice-présidente Égalité-Diversité-Inclusion à l’Université Paris-Saclay.
Au-delà du constat, le numéro explore des pistes concrètes : comment le management et l’organisation du travail peuvent s’ajuster à ces réalités, plutôt que d’exiger des personnes qu’elles s’y adaptent seules et en silence.